Interac réclame la tenue d’un exercice limité dans le temps, dirigé par le gouvernement et piloté par le ministère des Finances, afin d’harmoniser les grandes réformes des paiements déjà en cours.
Le Canada prend actuellement les décisions de politique des paiements les plus importantes depuis une génération — avant même d’avoir défini ce qu’il attend de son écosystème de paiements, ou quelles capacités il doit garder sous son propre contrôle pour la décennie à venir. Dans un nouveau livre blanc, Propulser le Canada : la souveraineté des paiements et les arguments en faveur d’un leadership fédéral, Interac soutient que le gouvernement du Canada devrait lancer un exercice national de vision des paiements, limité dans le temps, qui permettra d’harmoniser, d’ordonnancer et d’orienter les grandes réformes déjà en cours.
Cette thèse repose sur trois propositions.
Premièrement, la politique des paiements est intimement liée à ce que le gouvernement souhaite accomplir à l’égard de cinq priorités nationales : la souveraineté et la résilience des infrastructures critiques, l’abordabilité pour les ménages et les petites entreprises, la concurrence dans les services financiers, la productivité et l’innovation, ainsi que la sécurité des Canadiens face à la fraude. Rares sont les leviers politiques qui touchent ces cinq dimensions à la fois — la politique des paiements le fait, ce qui donne au Canada l’occasion de disposer d’un cadre clair pour les équilibrer à l’échelle du système.
Deuxièmement, le monde évolue si rapidement que l’inaction est désormais coûteuse : les infrastructures de paiement en temps réel, les services bancaires axés sur les consommateurs, les actifs numériques réglementés et l’intelligence artificielle arrivent tous en même temps, et les Canadiens ne les vivront pas comme des enjeux distincts.
Troisièmement, le gouvernement fédéral a déjà réussi cet exercice par le passé. Le Groupe de travail sur l’examen du système de paiement de 2010-2012 a permis de dégager le consensus qui a soutenu une décennie de réformes de gouvernance et de modernisation. Cet examen a été un succès selon ses propres critères; toutefois, le moment est venu de définir une nouvelle vision, adaptée à 2026 et au-delà.
La souveraineté est le fil conducteur qui relie la concurrence, l’abordabilité, l’innovation et la sécurité, et c’est sous cet angle que le livre blanc aborde chacun de ces aspects. S’appuyant sur notre mémoire d’avril présenté au Comité permanent des finances de la Chambre des communes, le document met en lumière cinq questions fondamentales auxquelles une vision nationale doit répondre :
- Infrastructure souveraine et résilience numérique
- Concurrence et accès
- Abordabilité et protection des consommateurs
- Innovation, productivité et prospérité
- Sécurité, confiance et protection contre la fraude
Le livre blanc s’abstient délibérément de prescrire des réponses définitives; celles-ci devraient émerger d’une concertation entre le gouvernement, l’industrie, les consommateurs et les autres parties prenantes. Il soutient que le Canada devrait d’abord établir une destination commune pour orienter ces discussions. Interac est prête à mettre à profit son expérience en matière de paiements, de vérification, d’authentification et de prévention de la fraude, aux côtés des autres participants de l’écosystème. Établir une orientation claire dès maintenant, alors que la souveraineté, la concurrence et la confiance peuvent encore être conçues ensemble dans le système, fait toute la différence entre un système que le Canada guide et un système dont il hérite.