Les fraudeurs ne cessent d’adopter de nouvelles tactiques et technologies qui compliquent le dépistage des arnaques. De nos jours, ils peuvent se dissimuler derrière une voix familière au téléphone, empreinte de panique et de détresse, pour demander un virement de fonds urgent, offrir un avertissement convaincant au sujet des tarifs douaniers applicables à une récente commande, ou encore employer un stratagème inspiré par l’actualité. C’est plus difficile que jamais de suivre le fil des menaces, mais très important de le faire.
La majorité des Canadiens reconnaissent la menace croissante de la fraude, et bon nombre d’entre eux sont au courant des précautions à prendre pour la déjouer. Or, malgré les risques, nombreux sont ceux qui ne mettent pas en application les mesures cruciales qu’ils peuvent prendre pour se protéger. C’est ce qu’a conclu un nouveau sondage réalisé par Interac auprès de 1 500 adultes d’un océan à l’autre.
Ce sondage a révélé que les Canadiens s’inquiètent de la fréquence et de la sophistication croissantes des menaces de fraude dans leur vie. Près de deux tiers des répondants (63 pour cent) disent se sentir plus exposés aux risques de fraude que dans le passé, alors que plus de la moitié d’entre eux (54 pour cent) craignent d’être ciblés au cours des six prochains mois.
Or, quand il est question d’agir, certaines lacunes inquiétantes se font jour. Bien que les gens soient peut-être au courant des mesures d’authentification à deux facteurs ou de la recommandation de créer des mots de passe distincts pour chaque site Web et service, ils ne prennent pas toujours la menace assez au sérieux pour suivre ces recommandations, affirme Mark Hines, chef des produits, Fraude, chez Interac.
« Nous observons ainsi un ‘fossé savoir-action’. Ces résultats nous démontrent l’importance de continuer d’exhorter les Canadiens à prendre la prévention de la fraude au sérieux », a-t-il ajouté.
Dans quelle mesure ces lacunes sont-elles graves? Voici ce que les données ont révélé :
1. Les Canadiens sont au courant de la menace croissante et évolutive
La majorité d’entre nous savent que les arnaques sont en hausse (et une enquête antérieure d’Interac a démontré à quel point les Canadiens en sont frustrés). Pour compliquer davantage les choses, affirme M. Hines, les fraudeurs développent des tactiques pour tromper les gens en imitant la vraie vie. Par exemple, ils usurpent de manière convaincante des voix ou exploitent la confusion qui entoure des événements de l’actualité, tels que les tarifs douaniers américains ou la hausse du coût de la vie.
Les Canadiens en sont bien au courant : soixante-dix-neuf pour cent des répondants croient que l’intelligence artificielle permet aux fraudeurs de créer plus facilement et rapidement des escroqueries convaincantes, en fonction de l‘actualité. Selon Chris Mathers, expert en cybersécurité, ils ont bien raison de s’inquiéter de la capacité des fraudeurs à développer de nouveaux outils et pièges. Lors d’un récent entretien avec Interac, il a déclaré : « La nature entrepreneuriale des groupes de crime organisé est remarquable et incommensurable. »

2. Bon nombre de personnes ne croient pas qu’elles seront touchées par la fraude
Malgré cette sensibilisation accrue, un répondant sur cinq ne prend aucune mesure de protection robuste contre la fraude, étant d’avis qu’il ne tombera pas personnellement dans le piège. Ce genre de laisser-aller pourrait être malavisé, puisque n’importe qui peut être ciblé ou compromis, affirme M. Hines.

3. Plus une mesure donnée est complexe, moins les Canadiens sont susceptibles de la prendre
Les Canadiens adoptent largement certains comportements fondamentaux pour prévenir la fraude, comme faire preuve de prudence avant de cliquer sur des liens, s’inscrire à l’authentification à deux ou plusieurs facteurs, utiliser des méthodes de paiement sécurisées et vérifier régulièrement leurs relevés bancaires. Au moins quatre personnes sur cinq disent prendre toutes ces mesures, ce qui, selon M. Hines, démontre « que la sensibilisation à la prévention de la fraude que nous et d’autres organisations menons depuis de nombreuses années a eu un impact sur la vie quotidienne des gens ».
Or, le niveau d’adoption chute nettement pour les mesures plus complexes et proactives qui pourraient faire échec à certains des types de fraude plus récents et fondés sur la technologie. Quand il est question de trois comportements clés (mise à jour des logiciels et des applis, activation de l’authentification multifactorielle et utilisation d’un mot de passe distinct pour chaque compte en ligne), le niveau d’adoption est beaucoup moins élevé (seulement environ un tiers des Canadiens disent toujours ou habituellement prendre chaque mesure).
Le défaut d’adopter un mot de passe familial, ou même de connaître cette notion, est l’une des lacunes les plus flagrantes qui est ressortie du sondage d’Interac. Les autorités antifraude recommandent aux familles de choisir un mot de passe secret ou une locution que seuls leurs membres connaissent pour être en mesure de vérifier l’identité d’une personne lors d’appels ou de messages imprévus ou de demandes d’aide ou d’argent. La majorité des Canadiens n’ont pas adopté cette pratique, et treize pour cent d’entre eux n’en ont même jamais entendu parler.
4. Bon nombre des Canadiens savent qu’ils pourraient faire mieux pour prévenir la fraude
Bon nombre de personnes croient qu’elles pourraient mieux se protéger, si seulement c’était plus facile de le faire.
Plus de la moitié (53 pour cent) des répondants estiment qu’ils devraient en faire plus, mais la tâche leur semble accablante. Pour la majorité d’entre eux (57 pour cent), c’est le manque de temps qui les empêche d’adopter des mesures de prévention de la fraude.
La lourdeur des conséquences émotionnelles de la fraude, que de nombreux Canadiens connaissent bien, pourrait représenter une motivation à agir (63 pour cent des répondants au sondage regretteraient de ne pas en avoir fait davantage pour se protéger s’ils étaient compromis).
La bonne nouvelle? Certaines mesures de protection peuvent être mises en œuvre rapidement, selon M. Hines, comme l’activation de l’authentification à deux facteurs pour les comptes de courriel ou le téléchargement automatique des mises à jour des logiciels et des systèmes d’exploitation. Cette dernière mesure veille à ce que les utilisateurs bénéficient des plus récents paramètres de sécurité et de l’installation de tous les correctifs de bogues sans devoir se souvenir de le faire. De plus, ni l’une ni l’autre de ces mesures n’exige plus que quelques minutes.

5. Les Canadiens veulent que la prévention de la fraude représente un effort collectif
Bon nombre de Canadiens croient que la responsabilité de composer avec la fraude ne devrait pas leur incomber individuellement; ils recherchent aussi la protection des institutions financières et d’autres entités. Trois quarts des répondants sont d’avis que les particuliers ne devraient pas porter le fardeau entier de la prévention de la fraude, alors que 84 pour cent d’entre eux estiment que l’industrie des services financiers devrait en faire plus pour les protéger.
Bien que M. Hines ait continué d’insister sur la nécessité, pour les particuliers, de prendre des mesures pour se protéger contre la fraude, il a aussi déclaré que c’est dans l’intérêt des entreprises canadiennes de renforcer les mécanismes de prévention de la fraude. « Si les Canadiens craignent les technologies numériques au point de ne pas les utiliser, la prospérité numérique du Canada sera retardée », a-t-il conclu.
« Cela explique en partie pourquoi Interac s’engage non seulement à offrir des solutions de paiement et de vérification sécurisées et conviviales, mais aussi à encourager les Canadiens à continuer de prendre les mesures nécessaires pour se protéger contre la fraude. Les Canadiens doivent comprendre le besoin urgent de combler le fossé savoir-action dans leur propre vie. »
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